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Selon une nouvelle étude, les pays de la région orientale de la CEE-ONU pourraient jouer un rôle de premier plan dans le stockage du CO2

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Les pays d'Europe orientale, du Caucase et d'Asie centrale recèlent un important potentiel de stockage du CO2. En utilisant des données publiques, l'analyse de géologues a identifié pour la première fois un potentiel de stockage dans des gisements de pétrole de plus de 62 000 millions de tonnes (Mt) de CO2, dont 56 410 MtCO2 pour la seule Russie, selon une étude des Nations Unies publiée aujourd'hui.  

Les aquifères salins profonds, les gisements de pétrole et de gaz épuisés, les filons de charbon inexploitables se sont révélés propices au stockage du CO2. Plus récemment, la possibilité de stocker le CO2 dans le basalte a été suggérée. L'étude s'est penchée sur les deux premières options (aquifères et réservoirs pétroliers) et a identifié 17 champs appropriés dans la région. 

Dans la Fédération de Russie, des capacités de stockage ont été identifiées dans les régions de la Volga, de la Sibérie occidentale et de Yamal, avec un potentiel de stockage combiné de plus de 10 000 MtCO2 dans des réservoirs pétroliers. Des puits de carbone appropriés de plus petite taille ont également été identifiés au Kazakhstan, au Turkménistan et en Azerbaïdjan. 

Très souvent, les sources existantes de génération de CO2 ne sont pas situées à proximité des sites de stockage. Pour illustrer ce problème, la capacité totale de stockage correspondant aux sources de CO2 n'a été évaluée qu'à 13 000 MtCO2 pour la récupération assistée du pétrole (RAP - EOR en anglais) et à 1 100 MtCO2 dans les aquifères.   

L'étude a été commandée pour soutenir l'exploration de stratégies alternatives de décarbonisation et pour aider les pays de la région de la CEE-ONU à déployer les technologies de capture, d'utilisation et de stockage du carbone (CCUS). 

Le captage, l'utilisation et le stockage du carbone comprend plusieurs procédés permettant de capter les émissions de CO2 provenant des processus industriels et de la production d'énergie fossile et de les stocker en profondeur ou de les réutiliser. Dans son précédent rapport publié il y a quelques semaines, la CEE-ONU a souligné l'urgence du déploiement du CCUS, le qualifiant de « clé pour atteindre la neutralité carbone ».  

À l'échelle des 56 pays de la CEE-ONU, pour parvenir à des émissions nettes nulles, il faudrait éliminer 90 gigatonnes (Gt) d'émissions de CO2 au cours des 30 prochaines années.  À l'heure actuelle, le CCUS n'est pas en passe de remplir le rôle qu'il devrait jouer dans l'atténuation du changement climatique. Dans le monde, 19 installations en service injectent et stockent de manière permanente environ 40 millions de tonnes (Mt) de CO2 par an. Une augmentation massive serait nécessaire pour atteindre le niveau décrit dans le scénario de développement durable de l'AIE, qui prévoit que des milliers de sites CCUS injectent et stockent 1,5 gigatonne (Gt) par an.   

La récupération assistée du pétrole comme catalyseur de la mise en œuvre du CCUS   

Aujourd'hui, la RAP n'est pratiquée que jusqu'au point de basculement où le coût du CO2 dépasse les revenus tirés de la récupération de pétrole supplémentaire. Pourtant, la RAP pourrait être utilisée à une échelle beaucoup plus grande, en augmentant le volume de CO2 injecté de sorte que les émissions liées à l’extraction de pétrole supplémentaire soient partiellement ou totalement compensées.   

Aux États-Unis, par exemple, pour chaque baril de pétrole actuellement produit, environ 0,3 à 0,4 tonne de CO2 (tCO2) est injectée et stockée, tandis que la combustion du pétrole libère 0,4 t de CO2 dans l'atmosphère. L'AIE estime que les opérations visant à faire co-exister la production de pétrole et le stockage de CO2 pourraient porter l'utilisation du CO2 à ~0,6 tCO2/bbl, voire à 0,9 tCO2 lorsque l'accent est mis sur le stockage.  

Cela suggère que la RAP pourrait jouer un rôle important au cours des phases initiales du développement du CCUS, d'autant plus que les revenus pétroliers tirés de la EOR compenseraient une partie des coûts associés au stockage du CO2, ce qui le rendrait économiquement viable. 

L'étude estime que l'adoption de la RAP dans toute la région nécessiterait des prix d'approvisionnement en CO2 supérieurs à 60 $/tCO2 lorsque les prix du pétrole sont de l'ordre de 50 $/bbl. 

Des mécanismes financiers appropriés sont nécessaires 

L'étude appelle au développement de mécanismes politiques appropriés pour soutenir un déploiement rapide du CCUS dans la région. Les institutions multilatérales telles que la CEE-ONU sont essentielles pour le développement d'un cadre politique en facilitant la coopération interrégionale et en garantissant des engagements environnementaux à long terme de la part de l'industrie et des gouvernements. L'étude plaide pour l'établissement d'un nouveau mécanisme soutenant le déploiement du CCUS basé sur la création de valeur par le stockage du CO2 dans des puits géologiques. L'approche proposée serait fondée sur un système de certification des unités de stockage de carbone qui seraient négociables, chacune représentant une tonne de CO2 stockée en toute sécurité dans un réservoir géologique. L'échange des unités de stockage de carbone soutiendrait le déploiement du CCUS et créerait des mécanismes de marché pour l'atténuation du changement climatique. 

Les experts sont conscients de la connaissance incomplète du potentiel de stockage et d’une action politique limitée en matière de CCUS. « Nous devons procéder à une évaluation approfondie des bassins adaptés au stockage du CO2, sur la base d'une définition claire et acceptée au niveau mondial du potentiel de stockage. Nous avons besoin de politiques intelligentes et novatrices pour soutenir le déploiement du CCUS dans la région », a déclaré l'auteur principal de l’étude et expert en CCUS, Wolfgang Heidug.  

« Ce rapport souligne le rôle essentiel que joue la CEE-ONU dans la mobilisation des pays pour qu'ils agissent afin de faire de l'Agenda 2030 pour le développement durable une réalité et de mettre en œuvre la relance verte dont nous avons besoin. Il est urgent d'obtenir un soutien politique plus important de la part des États membres pour tirer parti de cette première recherche », a déclaré Olga Algayerova, secrétaire exécutive de la CEE-ONU.  

« Cette recherche conforte l'intérêt mondial croissant pour le stockage du carbone. Les pays doivent maintenant travailler au-delà de leurs frontières pour soutenir des groupements de stockage et renforcer la coopération est-ouest avant qu'il ne soit trop tard », a déclaré Jim Robb, président du groupe d'experts de la CEE-ONU sur les systèmes électriques plus propres et président-directeur général de la North American Electric Reliability Corporation (NERC). 

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