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La CEE-ONU publie un guide pour aider les pays à mesurer ce que deviennent les migrants après leur arrivée

Migration

Saviez-vous que plus de 80 % des migrants quittent à nouveau la Suisse dans les 17 ans suivant leur arrivée ? Ou qu'en Italie, 15 % des migrants originaires de Chine se déplacent au moins deux fois dans le pays au cours des cinq années suivant leur arrivée ?   

Voici quelques exemples d'utilisation des données longitudinales contenues dans le nouveau guide publié aujourd'hui par la CEE-ONU qui permettra de répondre aux questions sur les effets des migrations internationales bien après que les personnes ont migré. 

Les travaux statistiques sur les migrations internationales portent généralement sur la manière de mesurer le nombre de personnes qui entrent et sortent d'un pays, ainsi que les caractéristiques de ces personnes - sont-elles de sexe masculin ou féminin, jeunes ou âgées, quelle est leur religion, leur statut socio-économique, leur origine ethnique et nationale ? Cela peut sembler simple, mais cela pose de nombreux problèmes, car les migrants peuvent être difficiles à identifier et encore plus difficiles à étudier, tandis que les sources de données hors enquête comprennent rarement tous les types d'informations dont les décideurs politiques ont besoin. 

Aussi difficile soit-il de comptabiliser les migrants, il est impératif d’améliorer les statistiques sur les migrations internationales afin de pouvoir dresser un tableau complet du phénomène migratoire. Les décideurs politiques doivent savoir si et comment les caractéristiques des migrants changent après leur arrivée à destination, et comment ils s'intègrent dans les sociétés et ont un impact sur celles-ci.    

Cela signifie qu'il faut mesurer les changements - changement de résidence, de statut juridique et des résultats socio-économiques. Le meilleur moyen d'y parvenir est d'utiliser des données longitudinales, c'est-à-dire des données dans lesquelles les mêmes personnes sont suivies dans le temps.  

Le Pacte Mondial pour des Migrations Sûres, Ordonnées et Régulières souligne que pour que les pays puissent contrôler et évaluer dans quelle mesure ils respectent leurs engagements, ils dépendent de données de qualité qui permettent de suivre les changements dans le temps. 

Avec de telles informations, il serait possible de mesurer la durée du séjour des migrants dans leur pays de destination et la manière dont les écarts entre les migrants et la population non migrante se creusent ou se réduisent au fil du temps. Les salaires des migrants ressemblent-ils de plus en plus à ceux de la population non migrante au fil du temps ? Qu'en est-il de leur taux de chômage ? Les données longitudinales peuvent éclairer de nombreux aspects de la vie des migrants après la migration, des résultats de santé à la procréation, en passant par l'endroit où ils s'installent et les emplois qu'ils occupent. 

Cependant, l'obtention de données longitudinales n'est pas aussi simple que la simple réalisation d'une enquête auprès des mêmes répondants à différents moments : de telles enquêtes sont coûteuses et il peut être difficile de maintenir le contact avec les répondants. Avec l'augmentation de la disponibilité des données administratives, des techniques telles que l'intégration des données peuvent être mieux exploitées pour développer des ensembles de données longitudinales construits à partir de la réunion de diverses sources administratives. De nombreux offices statistiques nationaux disposent de sources qui pourraient potentiellement répondre à ce besoin, mais les possibilités sont jusqu'à présent sous-exploitées.  

Le nouveau Guide, élaboré pour la Conférence des Statisticiens Européens de la CEE-ONU par un groupe d'experts dirigé par Statistique Canada, vise à aider les pays à exploiter le potentiel des données dont ils disposent déjà. Il regroupe les meilleures compétences disponibles sur la manière de développer des sources de données et de compiler et diffuser des indicateurs clés et des résultats. Le guide contient des exemples de création et d'utilisation d'ensembles de données longitudinales provenant de 11 pays de la région de la CEE-ONU. 

Par exemple, la Suisse combine les données de son registre des ressortissants étrangers et de ses fichiers de statistiques démographiques pour créer la Base de Données Démographiques Longitudinales Suisses.  En Italie, le couplage statistique des fichiers de permis de séjour permet aux analystes de voir les liens entre les migrations internationales et la mobilité interne. 

Au Canada, la Base de Données Longitudinale sur l'Immigration intègre les données sur l'immigration et les dossiers fiscaux annuels. Elle montre, par exemple, qu'au cours de plusieurs décennies, moins d'un quart des travailleurs étrangers temporaires sont devenus des résidents permanents ; mais ces dernières années, cette situation est devenue plus probable et se produit quelques années après l'obtention du premier permis de travail au Canada.  

Le nouveau guide est une étape cruciale dans l'élaboration de statistiques sur la migration qui reconnaissent véritablement que la migration et l'établissement sont des processus, et non des états, et que les résultats peuvent être à court ou long-terme et dynamiques. 

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