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L'adhésion de la Guinée-Bissau à la Convention des Nations unies sur l'eau de 1992 renforce la coopération transfrontalière sur les eaux partagées

Guinea Bissau River

Le 16 juin 2021, la Guinée-Bissau est devenue le 4e pays africain (45e partie) à adhérer à la Convention sur la protection et l'utilisation des cours d'eau transfrontières et des lacs internationaux (Convention sur l'eau), dont le secrétariat est assuré par la CEE-ONU. Elle est également partie à la Convention sur le droit relatif aux utilisations des cours d'eau internationaux à des fins autres que la navigation (Convention sur les cours d'eau), depuis 2010. 

La Guinée-Bissau est située dans la région tropicale humide de l'Afrique de l'Ouest. Le pays est situé au bord de l'océan Atlantique et est bordé au nord par le Sénégal, à l'est et au sud par la Guinée. Il couvre une superficie de 36 125 km2. La Guinée-Bissau est composée de deux parties : une zone continentale et des îles au large. 

Les ressources en eau de la Guinée-Bissau sont constituées des eaux de surface du fleuve Geba-Kayenga (partagé avec le Sénégal) et du Koliba Corubal (partagé avec la Guinée) et de ses affluents, ainsi que de multiples aquifères situés à différentes profondeurs dans tout le pays. Ces deux fleuves sont les seuls à fournir de l'eau douce de surface ; leur gestion constitue donc un défi pour l'agriculture et l'utilisation de l’eau à des fins domestiques du pays. La principale eau souterraine partagée est le bassin aquifère sénégalo-mauritanien (BASM) qui est le plus grand bassin de la marge atlantique de l'Afrique du Nord-Ouest. Cette nappe phréatique constitue une ressource stratégique pour les quatre États de l'aquifère, respectivement la Gambie, la Guinée-Bissau, la Mauritanie et le Sénégal, dont les populations - qui comptent plus de 24 millions de personnes au total - en dépendent dans une large mesure pour leur accès à l'eau potable et pour divers autres usages. Certaines villes importantes de la région, comme Bissau et Dakar, y trouvent une part essentielle de leur approvisionnement en eau. Cependant, les États sont confrontés à plusieurs défis tels que les risques associés à la salinisation, les diverses sources de pollution ou l'impact du changement climatique sur la variabilité des précipitations nécessaires à la recharge des eaux souterraines. 

Soucieux de l’importance d’instaurer un cadre de concertation sur le BASM, les pays du bassin, dont la Guinée Bissau, ont entamé un dialogue régional afin d'établir une coopération transfrontalière pour une gestion durable concertée du BASM. Cette initiative est soutenue par le secrétariat de la Convention sur l’eau (CEE-ONU), le Geneva Water Hub et le Centre d'évaluation des ressources en eaux souterraines de l'UNESCO (IGRAC), avec le soutien financier de la Direction suisse de la coopération et de l'Union européenne.  

Son excellence, M. Orlando Mendes Viegas, Ministre d’Etat des Ressources Naturelles et de l’Energie de la Guinée-Bissau, a déclaré : « l'adhésion à la Convention sur l'eau offre à la Guinée-Bissau des opportunités tant en termes de renforcement de la gouvernance au niveau national que de coopération transfrontalière. Les effets croissants du changement climatique et la pression sur les ressources en eau appellent des actions urgentes pour approfondir la coopération existante dans la région ». 

"Je félicite la Guinée-Bissau pour son adhésion", a déclaré Mme Olga Algayerova, Secrétaire exécutive de la CEE-ONU. "L'intérêt croissant des pays, en Afrique et au-delà, pour l'adhésion à la Convention sur l'eau montre à quel point la coopération en matière d'eau transfrontalière est cruciale pour la paix, la sécurité et le développement durable. La CEE-ONU se réjouit de partager l'expérience acquise au cours des 25 années d'application de la Convention sur l'eau lors de la prochaine réunion des parties (29 septembre-1er octobre)".  

Un nombre croissant de pays se saisissent des cadres institutionnels et juridiques des conventions mondiales sur l'eau pour faciliter les efforts de coopération sur les ressources en eau partagées. L'adhésion de la Guinée-Bissau à la Convention sur l'eau suit celle du Ghana en 2020, du Tchad et du Sénégal en 2018, qui sont devenus les premiers pays en dehors de la région paneuropéenne à y adhérer. La Gambie et la Mauritanie, avec lesquelles la Guinée-Bissau partage ses bassins, ont également manifesté leur intérêt pour l'adhésion à la Convention, tandis que de nombreux autres pays africains font partie de la vingtaine de pays dans le monde qui prennent des mesures en vue de leur adhésion. 

L'adhésion de la Guinée Bissau à la Convention sur l'eau a été soutenue par le secrétariat de la Convention sur l'eau (CEE-ONU) avec l’appui de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie. Les processus d’adhésion sont aussi soutenus par plusieurs autres partenaires régionaux tels la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) et la Communauté économiques des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), ce qui montre le rôle important joué par les organisations régionales dans la promotion des Conventions mondiales sur l'eau. 

L'adhésion de la Guinée-Bissau à la Convention sur l'eau entrera en vigueur dans les 90 prochains jours (12 septembre 2021). 

Countries: Guinea Bissau

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